Petite tour
vue des anciens fossés

SEIGNEURS DE SEDAN :
Evrard III de la Marck (1365-1440) :
Issu d'une puissante famille de la Ruhr, Evrard III tirait son immense fortune de l'exploitation de mines de cuivre et de plomb. Il devint seigneur de Sedan en le rachetant à son beau-frère. Sedan n'était alors qu'un des 170 villages que comptaient les domaines allemands d'Evrard. Visant sans doute à inclure Sedan dans la "route du cuivre" (de Aix-la-Chapelle à Reims), le château qu'il édifia (il en possédait déjà 17 autres) fut le point de départ du véritable essor de la ville. Bien qu'il fût de langue allemande, Evrard fut toujours un fidèle allié de la France.

Jean de la Marck (vers 1406-vers 1470) :

Il doubla la superficie du château en l'adaptant à l'artillerie et éleva la première enceinte fortfiée autour du village de Sedan.

Robert Ier de la Marck (entre 1470 et 1487) :
C'est le premier à faire de Sedan sa résidence principale. Il commença à Sedan les gigantesques travaux de remparement et de terrassement des murailles du château et de la ville.

Robert II de la Marck (vers 1460-1536) :

Il poursuivit les travaux de terrassement du château de Sedan et la politique d'adaptation du bâtiment de l'artillerie. Il a reçu François Ier et la cour de France en 1535.

Robert III de la Marck (1492-1536) :
Il ne régna sur Sedan que quelques mois, de septembre à décembre 1536.

Robert IV de la Marck (1512-1556) :

Ce fut le premier seigneur souverain de Sedan. Il fut le véritable créateur de la principauté de Sedan. Sous son règne, la ville de Sedan se développa dans sa vie municipale, ses institutions et son commerce (draperie, métallurgie ...). Il fut certainement l'auteur du pavillon Renaissance. Il fit commencer la construction des bastions du château.

Henri-Robert de la Marck (1540-1574) :
Son règne se remarque surtout par la conversion du couple princier à la Réforme. Acte qui lui fit perdre en France l'amitié du roi Charles IX mais qui allait faire la fortune et la renommée de Sedan par l'afflux de centaines de réfugiés calvinistes, presque tous des gens de valeur : ministres, aristocrates, hommes de loi, médecins, architectes, artistes ... Résidant très souvent à Sedan, Robert IV fut un administrateur remarquable. Il réorganisa la police et la justice. Il créa le conseil souverain (organe suprême). On lui doit également l'achèvement des bastions du château de Sedan et sans doute aussi le développement consi-dérable des appartements princiers.

Guillaume-Robert de la Marck (1563-1588) :

La ville de Sedan s'agrandit et se dota de fortifications bastionnées, d'un atelier monétaire et d'un collège académique. Les fortifications de la ville furent renforcées, Sedan étant l'objet de convoitises. N'ayant pas d'enfant, il laissa la principauté et ses autres domaines à Charlotte de la Marck, sa jeune soeur de treize ans.

Charlotte de la Marck (1574-1594) :
Elle épousa en 1591 le candidat du roi Henri IV, Henri de la Tour d'Auvergne, vicomte de Turenne. Charlotte mourut quelques jours après avoir donné naissance à un garçon qui ne vécut pas. Avec cette disparition, la branche aînée des La Marck était désormais éteinte et la principauté passait à la maison de la Tour d'Auvergne.

Meurtrières et ouvertures du château ... remarquez l'épaisseur des murs

Pour la petite histoire, Elisabeth de Nassau, dernier occupant princier officiel du château de Sedan, a toujours refusé de s'installer au Palais des Princes, palais qui avait pourtant été construit en partie pour elle, et elle resta fidèle au vieux château jusqu'à sa mort en 1642.
Après 1642 et le départ de Frédéric-Maurice de La Tour d'Auvergne, dernier prince de Sedan, le château-bas servit de résidence aux gouverneurs nommés par le roi de France puis de caserne après la Révolution.
Quant au château, après la perte de l'indépendance en 1642 et l'arrivée des troupes françaises, il fut transformé en caserne. Les casernements furent entretenus à l'économie jusqu'à nos jours. Parmi les aménagements modernes il faut citer la construction de magasins attribués au maréchal Fabert. Des restaurations eurent lieu au XIXe siècle. Cédé par l'Armée française à la ville de Sedan en 1962, le château a fait l'objet de plusieurs campagnes de restaurations et de mise en valeur visant à tirer de l'oubli cette étonnante forteresse témoin d'un millénaire d'histoire et de quatre siècles d'architecture militaire.

Dans toute famille aristocratique, la conservation des armes des hauts faits militaires par lesquels ses membres s'étaient signalés dans le passé était une règle. Les princes de Sedan, par leur participation à presque toutes les guerres des XVIe et XVIIe siècles, ont été à même de constituer une prestigieuse collection.
Localisée dès le milieu du XVIe siècle dans l'aile ouest du château, la "Galerie des Antiques" a sans doute été bâtie pour abriter ce "musée privé". La collection était composée de très nombreuses pièces d'armures d'hommes et de chevaux, de selles, cuirasses, pistolets, carabines ... et surtout 28 armures entières. Après le départ des princes, le contenu de la galerie ainsi que tout le matériel militaire fut confisqué par le roi. A la Révolution, toutes les pièces furent envoyées à Paris. La plus grosse partie de cet arsenal se trouve actuellement au Musée de l'Armée à Paris, mais certaines pièces se situent à l'étranger (Tour de Londres, notamment).

Malgré l'austérité de l'architecture, les appartements étaient luxueux : mobilier d'ébène, suite de tapisseries, tentures de cuir doré, vaisselle d'or et d'argent (inventaires de 1586 et 1638). Les La Marck, qui rétribuent une centaine de domestiques, ont fait de leur château une résidence princière nichée au coeur d'une véritable machine de guerre. De la vaisselle et quelques tapisseries y sont encore exposées.
Les appartements princiers : au premier étage, la Galerie des Princes (baies en arcade), au-dessus le "Logis à Colombages). A l'origine, une vaste galerie courrait au rez-de-chaussée (aujourd'hui murée)
Pavillon Renaissance : typique du langage Renaissance, on retrouve dans cette façade les éléments de l'Architecture antique : les pilastres surmontés de chapiteaux (ici toscans) et leur entablement (très visible au 1er niveau). L'architecte s'est même inspiré de l'arc de triomphe antique pour le dernier étage du pavillon (cheminée). A l'origine, il était coiffé d'une très haute toiture
Vers le milieu du XVIe siècle est élevé dans le goût de l'époque un pavillon Renaissance dont la fonction d'origine n'est pas sûre (chambre de Robert IV, de son épouse Françoise de Brézé, fille de Diane de Poitiers ?). A cela, est ajouté une chapelle princière, les logis à colombages, le logis du gouverneur
Remarquez le blason (en damier) des La Marck sur la poitrine du gardien
Salle des veilleurs : un garde à son poste
Première salle de garde des "Tours Jumelles"
Echauguette d'angle du bastion des Dames
(la seule subsistante)
Simple résidence d'un capitaine et lieu de séjour occasionnel sous Evrard III et Jean de la Marck, le château de Sedan ne devint résidence principale des La Marck que sous Robert Ier (1470-1487). Le logis à l'époque ne devait comprendre que l'étage supérieur de la grosse tour (photo de droite, grosse tour vue de la cour intérieure) et le pavillon ogival, situé à côté (ci-dessus). Ce logis primitif fut réaménagé, embelli et considérablement agrandi tout au long du XVIe siècle. Le dernier occupant princier officiel fut Elisabeth de Nassau. Après la mainmise du roi de France sur Sedan en 1642, les appartements furent occupés un certain temps par Charlotte de la Tour d'Auvergne.
Casemate inférieure
du bastion du Roi
Salle de Garde :
Les soldats tiraient sur les assaillants à travers des archères
Sur son éperon barré et dominant la ville dont il est le coeur, le château de Sedan est une étonnante synthèse de l'art de la fortification des XVe et XVIe siècles.
Encore trop méconnu du grand public, le château de Sedan, une des plus im-portantes forteresses médiévales françaises a été cédé par l'armée à la ville de Sedan et bénéficie depuis plusieurs années d'efficaces campagnes de res-tauration.
Impérissable témoin de l'ascension politique des La Marck, c'est une formi-dable machine de guerre de 35 000 mètres carrés qui abritait une luxueuse résidence princière.
Evrard III de la Marck, riche et puissant seigneur de Rhénanie, devint maître de Sedan en 1424 en achetant la seigneurie à son beau-frère endetté. En 1430, dans des circonstances encore mal connues, les moines bénédictins sont évincés du prieuré St-Martin.

Les tours "jumelles" étaient l'entrée du château bâti par Evrard de la Marck entre 1425 et 1430. Au-dessus de la porte pouvait tomber une grosse pierre : l'assomoir

A gauche, la voûte de l'entrée des tours jumelles d'où pouvait tomber une herse

L'ancien prieuré est détourné de sa fonction primitive et devient totalement défensif. La grosse tour carrée devient le "donjon" du château d'Evrard III.
Jean de la Marck, fils et successeur d'Evrard, obtint du roi Charles VII en 1455 la permission d'achever et de compléter la forteresse. Des travaux colossaux sont entrepris. Jean de la Marck adapte alors le vieux château aux progrès de l'artillerie à poudre en multipliant l'épaisseur des murs, agrandi la surface du château et enferme les trois quartiers du Sedan primitif dans une muraille fortifiée.

Commence alors la construction du premier château dans un site extrêmement favorable au contrôle du trafic commercial sur la Meuse. Le vieux prieuré gothique est alors intégré aux nouveaux bâtiments formant un ensemble triangulaire avec à son extrémité les tours dites "jumelles". Ces deux demi-tours (à gauche), presque semblables, encadrent la grande porte d'entrée du château, passage voûté fermé par de lourds ventaux de bois.
Tours dites "Jumelles"
L'examen des textes anciens, des vestiges en place ou découverts au cours des fouilles précisent l'origine religieuse du château de Sedan. Dès l'époque carolingienne, la colline dominant le village de Sedan était occupée par une nécropole, sans doute le cimetière des habitants de Villers, du Ménil et du Moulin, les trois quartiers composant le Sedan médiéval. Sur le site même de cette nécropole fut implantée la première église de Sedan, due au clergé missionnaire de l'abbaye bénédictine de Mouzon. Au XIème siècle lui succéda un édifice de culte dédié à Saint Martin, se présentant comme une petite église à nef unique, sans transept et au coeur à abside semi-circulaire.
Vestiges de l'Eglise du XIème siècle avec son coeur semi-circulaire (cour
Grosse tour carrée, seule partie encore debout du prieuré primitif
intérieure)
Au XIIIe siècle, on assiste à une notable extension de l'église Saint-Martin qui devient un véritable prieuré. L'abbaye de Mouzon fait édifier au nord de l'Eglise romane agrandie une grosse tour carrée et une tour ronde. On épaissit aussi à cette époque les murailles de l'église et l'on dote les baies de la grosse tour carrée de volets et d'embrasures dans un souci défensif.

A la fin du XVème siècle, une nouvelle campagne de travaux va transformer le château de Sedan, de façon à l'adapter une fois de plus aux exigences imposées par le développement de l'artillerie. C'est l'époque des remparements, des terrassements (intérieurs et extérieurs) et de l'épaississement des murailles. Lorsque la place le permet, on élève une muraille en arrière de l'ancienne et on entasse des milliers de tonnes de terre et de pierres entre les deux. Les murs passent ainsi de 4,60 mètres à 26 mètres d'épaisseur, voir plus. Quand il y a manque de place, des terrasses basses sont créées en avant des remparts.

La dernière phase de la modernisation du château de Sedan, celle qui allait lui donner son gigantisme définitif est le bastionnement. Entrepris par le prince Robert IV de La Marck aux environs de 1550, il fut achevé en 1572. Quatre bastions polygonaux vont ainsi s'élever aux angles de la forteresse, plus redoutable que jamais.
Vue du bastion des Dames, nommé ainsi car les dames du château venaient s'y promener. A l'arrière plan, la ville de Sedan

La cour intérieure du château depuis les remparts avec une vue d'ensemble des appartements princiers

Jugeant sans doute les vastes appartements princiers du vieux château trop sombres et pas très commodes, Henri de la Tour décida au début du XVIIe siècle d'élever une résidence plus conforme au goût de l'époque et aux nouvelles exigences en matière de confort, le Palais des Princes (à gauche). Le site fut celui d'un ancien quartier rasé et servant de basse-cour au château depuis le XVIe siècle. L'espace était occupé par diverses annexes du château, écuries, étables ... Le nouveau bâtiment en T fut commencé en 1613 et achevé en 1614. Un fossé enjambé par un pont-levis protégeait l'édifice en l'intégrant aux défenses de l'entrée de la forteresse.
Dès 1614 , Henri de la Tour fit compléter les aménagements du palais par la construction de vastes écuries (toujours en place) et d'une vaste "halle aux carrosses" (détruite par un incendie).

Salle des veilleurs : les gardes n'étaient pas en permanence au poste de surveillance mais ils restaient toujours sur le qui-vive. Ils pouvaient venir ici pour se réchauffer, se restaurer ou se détendre. En cas d'alerte, un passage secret, menait vers les appartements du seigneur pour l'avertir

Terrasse sud du château
Escalier reliant les casemates inférieure et supérieure du bastion
du Roi
Scène de la signature du contrat de mariage entre Charlotte de la Marck et Henri de la Tour d'Auvergne sous le regard du roi Henri IV (Historium)
Photo Office du Tourisme de Sedan
Henri de la Tour d'Auvergne (1555-1623) :
Son amitié avec le roi de Navarre, le futur Henri IV, lui valut d'importantes charges. Marie de Médicis le comblat de bienfaits et d'argent. La Régente finança d'ailleurs une bonne part des nombreux travaux du prince : extension notable des fortifications de Sedan, construction du palais des princes, de l'hôtel de Bouillon à Paris ...
Il se montra à Sedan fervent calviniste, bon administrateur, stimula le commerce et l'industrie, fonda l'académie de Sedan, l'académie militaire des exercices et porta l'imprimerie à son plus haut niveau. On lui doit aussi les plus belles séries monétaires de l'histoire de la principauté. Sedan prit grâce à lui son allure de véritable ville, la plus importante de la région jusqu'au XIXème siècle. Il mourut dans son palais de Sedan en laissant la régence à sa seconde épouse, Elisabeth de Nassau, filleule de la reine Elisabeth d'Angleterre. Il eut 8 enfants, dont Henri, futur maréchal Turenne (1611-1675).

Frédéric-Maurice de la Tour d'Auvergne
(1605-1652) :

Très souvent absent de Sedan, il fut un piètre politique et défia plusieurs fois le roi et le cardinal de Richelieu. Il participa à la conjuration de Cinq-Mars et pour sauver sa tête, il dut céder Sedan. La princi-pauté avait vécut et, le lundi 29 Septembre 1642 à 14h00, les carosses de la princesse de Sedan et de sa suite quittèrent définitivement le palais des princes. A 16h00, les troupes du roi entrèrent dans la ville.
détail de la grosse tour : ouverture en arc brisé avec son volet et son embrasure pour la défense
dans les sombres couloirs du château
Quartier Turenne : une des sorties actuelles du château

Source : "La Principauté de Sedan" A. Sartelet
Avec l'aimable autorisation de l'Office de Tourisme de Sedan

Affiche 2005
Office de Tourisme du Pays Sedanais - BP 10322 - 08202 Sedan cedex - Tél. : 03.24.27.73.73.
Fax. : 03.24.29.03.28.
www.medieval-sedan.com - contact@medieval-sedan.com
Mai : Mois du Festival Médiéval

L'Office de Tourisme du Pays Sedanais organise chaque année le Festival Médiéval de Sedan.

Durant deux jours, tout est organisé pour permettre à chacun de vivre un véritable voyage dans le temps et de découvrir qu'elle pouvait être la vie du Château fort et des habitants de la Principauté. Pour ce fabuleux rendez-vous, plus de 400 bénévoles s’investissent dans différents domaines : spectacles, décors, technique, promotion….